Mon prochain ultra-trail

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Une saison 2012 qui commence fort aux Canaries

 

Récit de trail: TransGranCanaria 2012, record de la course

 

La libération...

 

Apres un échauffement court avec quelques changements de rythme et escaliers, c’est le moment du pointage et le départ est donné. Enfin la libération après deux mois de travail au froid et dans des conditions difficiles. C’est parti et, telle une envolée de moineaux, nous prenons notre envol sur le sable pour effectuer les cinq premiers kilomètres.

Dès le départ, celui qui prend rapidement les commandes et qui est très à l’aise sur ce type de terrain n’est ni plus ni moins que « monsieur Marathon des Sables » : le marocain Mohamed Ahansal. Malgré un départ à 15 km/h, le rythme est un peu lent à ses yeux, il prend donc la direction des opérations. Très vite, nous nous retrouvons à huit puis à six et au premier ravitaillement après 32 kilomètres de course, nous ne sommes plus que quatre. Sous l’impulsion de Mohamed, qui a l’air d’être très en forme, nous rejoignons le poste de ravitaillement après seulement 2h25 de course malgré  les 700 mètres de dénivelé positif. Un ravitaillement composé d’une simple citerne d’eau… Après un arrêt éclair, nous reprenons la route.

 

Je sais qu’ici commencent la montagne et les choses sérieuses avec la première ascension. Dès le début de l’ascension, je me trouve en compagnie de Mohamed, de l’Espagnol Zigor Iturreita et du Portugais Armando Teixeira. Je décide de passer devant afin de prendre mon rythme sur cette première ascension longue de près d’une heure. Très vite, je me trouve seul avec Armando à quelques encablures derrière moi. Zigor et Mohamed perdent le contact. Je décide de garder mon rythme sachant que mon compagnon d’équipe est très fort en descente et qu’il reviendra certainement par la suite. En arrivant au premier ravitaillement solide de la course, je prends le temps de refaire le plein de boisson énergétique dans ma poche à eau. Juste avant de repartir, je vois arriver Armando seul qui m’emboîte le pas après un ravitaillement ultra rapide.

Je rappelle juste que la course est en semi autonomie et qu’aucune assistance n’est autorisée. Seul un sac personnel nous attend au 81ème kilomètre et sur l’ensemble du parcours nous disposons de trois ravitaillements en liquide, et de trois ravitaillements en liquide et solides avec interdiction de toute intervention extérieure. Les personnes du staff et des ravitaillements sont les seules autorisées à nous « toucher »…

 

Je garde mon rythme et j’arrive à courir la totalité des 65 premiers kilomètres. Je reste à mon train sans me soucier de ce qui se passe derrière. De toute façon, s’ils reviennent c’est qu’ils sont plus forts que moi. Ce n’est pas plus compliqué que cela…

 

Le passage au centre de l’île à Roque Nublo se fait avec le lever du soleil : c’est un endroit énorme… c’est impensable ce que la nature est capable de créer. Mon passage au sommet de la course, au sommet de l’île à Pico de Las Nieves, se fait sous les acclamations des personnes qui ont fait le déplacement, avant de me retrouver seul à nouveau. Je n’ai que très peu d’infos depuis le début sur mes poursuivants et en arrivant au ravitaillement de Garanon au 81ème kilomètre, j’attaque, très décontracté, sans trop me lâcher, la descente. Elle est parsemée de petites bosses très raides qui vont me mener vers le village de Teror où se trouve le dernier gros ravitaillement et l’attaque des 23 derniers kilomètres.

 

Les derniers kilomètres, justement, sont durs, marqués par une succession de bosses pas très raides mais longues. Les plus importantes font quelques kilomètres; les plus courtes quelques centaines de mètres. La ville de Las Palmas apparaît progressivement. C’est un secteur qui m’avait laissé de mauvais souvenirs l’année passé par sa configuration. C’est un endroit en fond de rivière parsemé de galets fuyants et sans réellement de chemin. C’est relativement fatigant après 110 kilomètres de sauter d’un bloc à l’autre ! Cette année, avec un peu plus de fraîcheur physique, j’arrive encore à courir entre 11 et 13 km/h avant de remonter sur cette rampe très raide qui me mène au dernier ravitaillement en eau et vers les 8 derniers kilomètres.

 

Le final se déroule au milieu des serres de tomates et de divers légumes, juste avant d’arriver sur les hauteurs de la ville. Il reste une petite bosse. Je me « sur-motive » en pensant au chrono que je peux, peut-être, réaliser à l’arrivée. Tout en courant, je passe la dernière bosse et me dirige vers la dernière descente et l’entrée dans l’ultime kilomètre. La ville met un point final à ma première épreuve de l’année.

C’est très heureux et après une journée passée seul, dans une ferveur et sous les acclamations que je passe la ligne avec un nouveau record à la clé : 12h54mn18 s (nouveau record sur un parcours plus long de près de 9 kilomètres. Ancien record Miguel Herras ). Sur le même parcours, le record de Zigor était de 13h24mn. C’est une bonne progression. Un chrono et une course qui m’ont permis de mesurer le travail hivernal effectué et mais aussi d’estimer celui qui me reste à faire pour aller vers les sommets sur les prochaines épreuves.

 

Cette épreuve m’a fait aussi rentrer à plein pot dans la quarantaine et m’offre mon premier podium en tant quevétéran. Mais il me reste encore pas mal de points à développer et à travailler pour arriver à la plénitude… Cela m’ouvre beaucoup de perspectives. J’ai la sensation que je peux encore progresser tout en faisant attention à ne pas me blesser…

La saison ne fait que commencer

 

  

Résultats TransGranCanaria 2012: 1er Sébastien Chaigneau, 12h54"18

 

Retrouver les photos de la TransGranCanaria ici 

 

 

  

  








Tracé Garmin de la TransGranCanaria