Mon prochain ultra-trail

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Utmb 2009... une édition pleine d'émotions

 

  Récit de l'UTMB 2009

 

Un duel de champions...

    

Mes sensations, une heure avant départ :

  

Allongé sur le lit avec un thé et un flack jack cake, j’ai fait une petite sieste l’après midi, rassemblé mon matériel et fignolé mon sac à 18h. Je pense à la course en ayant hâte d’y être sachant que mon objectif premier étant de faire du volume pour la Réunion. A ce moment là, je me dis que si tout se passe bien je suis capable de faire moins que mon temps de l’année dernière, 25h42min...après la barrière temps mythique des 24 heures serait top.

  

Cette année j’ai vraiment la sensation que c’est parti bien moins vite que les années précédentes. Kilian nous rejoint après 600 ou 700 m puis part avec la tête de course composée de Dawa et d'espagnols…Là je laisse filer tout en gardant mon objectif en tête c'est-à-dire aller au bout !

 

Aux Houches, après 8 kms vallonnés, on rentre dans le vif du sujet par l’ascension de la Charme. J’arrive à me maintenir à 160-168 puls alors que les années précédentes, j’étais déjà à 175-185. Je suis cool, détendu on va dire ! 

Après un passage rapide aux Contamines où je m’équipe pour attaquer la nuit, je suis assez surpris de voir que j’ai réussi a boire l’ensemble de ma poche à eau, soit un litre que j’ai pris à Saint Gervais. Ce qui me surprend le plus, c’est de voir Dawa repartir juste devant moi et je commence à me demander  si je ne suis pas parti un peu vite. Coup d’oeil sur le GPS qui m’indique 3H04.  J'ai même un peu de retard donc tout va bien. 

 

Lorsque j’arrive aux Chapieux, je suis relativement détendu, ce qui était mon objectif premier ! Au niveau fréquence cardiaque,  j’ai fait la montée à 150/155 et la descente, même un peu stressante dans le noir et le brouillard, à 135/145 donc plutôt tranquille . De plus je sais que si je veux etre bien je dois passer à ce ravito en 6H.

 

A Bertone on m'annonce que je suis 4ème. Là, j'ai du mal à le croire. Devant, mise à part Kilian les organismes commencent à être fatigués. Pour moi grande nouveauté, la nuit est encore là dans ma progression vers Bonatti. Le jour se découvre en arrivant vers Arnuva.
Dans ma descente vers Arnuva j'aperçois Scott Jureck. Il court à un petit rythme mais régulier. J'ai toujours la sensation d'être bien puisque je reviens dessus sans le chercher.

La Suisse se rapproche de moi ainsi que le Grand Col Ferret. Non sans mal! Il bruine, il fait froid et le vent accentue encore plus le climat glacial. Au Col je n'ai plus de sensation dans les doigts. Je suis accueilli par 4 bénévoles qui luttent contre le vent et les éléments. Je me change pour mettre un tee shirt manche courte et c'est reparti pour rallier Champex. Ma montée vers Champex est dynamique. Les jambes sont toujours là même si je sais qu'à un moment le coup de moins bien va arriver.

  

Après avoir fais la moitié de l'ascension j'aperçois Kabu entre les deux passages de rivières qui trottine. Je sais que je suis 2 au classement, je crains vraiment le coup de moins bien avec un Kabu à quelques minutes trés en jambe!!!

Je m'arrête au ravito quelques instants, mon pote Pascal Blanc m'attend  "T'es en train de faire un truc Enorme!" me dit-il!  Ok on reste serein car c'est trés trés loin d'être fini!!! Je redécolle de la bergerie et sur les hauteurs avant d'entamer la descente vers la Forclaz, mon ami japonais n'est pas loin!!! il court toujours, c'est sur il ne va rien lâcher.
Je fais hyper gaffe à ne pas tomber dans la descente même s'il ne faut pas perdre de temps sur Kabu.

  

Gros coup de boost à La Forclaz car mon fils m'y attend  avec ma femme et mamy reine, ainsi que des amis: Dawa et Annie, Josiane Piccolet et Jean Claude....
Là c'est la descente raide avant le ravito de Trient. Au ravito, Vincent Delebarre m'y attend pour me soutenir. Je ne perds pas de temps, toute l'équipe vidéo de Kabu est là je sais ce que ça signifie! Ca se confirme à mon départ car il rentre au ravito quand j'en repars.

Là j'ai le sentiment de ne plus monter. J'ai de la fatigue au niveau ascension...c'est, je pense normal après 18 h de course...j'essaye de rester dans ma bulle sachant que Kabu n'arrive pas à réduire l'écart.

  

A Vallorcine, je reste 3/4 minutes maxi le temps de changer la poche à eau, de prendre une soupe et recharger en gel. On a toujours 6 min d'écart avec Kabu, ce qui me laisse le temps de monter en trottinant sans trop de pression le Col des Montets.

En arrivant au Col des Montets une foule impressionnantes d'amis et de connaissances m'encouragent et me donne la force d'attaquer sur un bon rythme l'ascension jusqu'à la Tête au Vent. A mi montée je vois Kabu attaquer cette dernière bosse. je me rends compte que j'ai toujours une petite marge d'avance. je fais toujours hyper gaffe au faux pas. Je commence à me dire que c'est peut être mon jour tout en combattant cette idée pour ne pas me déconcentrer. 

 

Après un ravito rapide à la Flégère...le dernier, je passe le denier petit coup de cul et là j'attaque la dernière descente en me remémorant ce passage lors de notre reconnaissance avec l'équipe TNF. J'essaye d'être le plus efficace possible sachant que l'énergie restante, il faut que je la laisse là pour tenter de tenir à distance Kabu de cette inespérée 2ème place.

 

37 minutes, c'est le temps que je met entre la flégère et le passage de la ligne. 
A partir de la Floria je commence à me détendre et à profiter. Je réalise petit à petit que cette deuxième place elle est pour moi. Les émotions sont énormes.... allez je reste dedans jusqu'à la route.


En arrivant sur le route mon pote Fred Bousseau me court après avec son appareil photo!!! il a la banane et jubile autant que moi. Il me laisse pour que je profite pleinement et seul de ce moment durement gagné. Une haie de personnes m'encadrent, je tape dans des centaines de mains qui se tendent sur mon passage. La j'ai vraiment plus mal nul-part. C'est que du bonheur et l'entrée dans cette dernière ligne droite avec cette foule, Isa et Ethan qui m'attendent au bout me font pas relâcher la foulée. j'espère à cet instant avoir envoyé le plus de vibrations possible à tous. C'est un bonheur immense indescriptible...

 

 

Interviews et quelques photos plus tard, je vais accueillir Kabu. On s'est battu depuis plus de 60 kms et maintenant c'est repos du guerrier et immense envie de partager avec lui ce bonheur!
Car à ce moment là seul lui et Kilian ont vécu l'ensemble de l'épreuve et toutes ses diffucultées qu'elle comporte.

  

 
Je tiens à dédier mon résultat aux trois amis trailers disparus tragiquement sur le Mercantour, ainsi qu'à leur famille.

  

               The North Face Ultra Trail  Mont Blanc: 2ème Sébastien Chaigneau 22h36"45

  

Retrouver les photos de l'UTMB ici