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Une journée de folie autours du Mont-Blanc

 

 Récit de l'UTMB 2011, par Sébastien Chaigneau

 

Une belle journée entre amis 

  

C’est sous une pluie battante que nous arrivons ensemble sur la ligne de départ. Après quelques longues minutes d’attente et le protocole habituel pour un départ de l’UTMB, nous prenons enfin notre envol vers une nuit humide en direction des Houches.

  

C’est alors que commence une journée de folie qui restera dans toutes les mémoires et surtout dans la mienne…

  

Après avoir parcouru les 8 kilomètres qui nous séparent du premier point de ravitaillement, nous arrivons à la première ascension, toujours sous la pluie et dans le froid généré par l’altitude. Habituellement, nous attaquons la montée sur le Délevret (la Charme) de jour. L’ambiance est un peu différente cette année, mais cela ne me déplaît pas ! Les mauvaises conditions font partie de la montagne, de la course en montagne !

  

Après une descente relativement sage sur Saint-Gervais (21,6 km), je commence à trouver mon rythme. J’effectue un ravitaillement éclair et je repars vers les Contamines (31,4 km), où mon équipe de ravitailleurs composée de mon papa et ma maman m’attend, prête à tout pour répondre à d’éventuelles demandes de ma part.

 

Je relance bien la machine et attaque la montée vers la Balme (499 m de D+) et le col du Bonhomme (620 m de D+) avec un bon rythme, tout en gardant le plus de souplesse possible dans ma progression. Je rencontre la neige annoncée par l’organisation. Mes appuis doivent d’être beaucoup plus précis, afin de ne pas puiser dans mes réserves et compromettre la suite des événements.

 

J’aperçois au loin devant moi toute une série de lampes. Une source de motivation supplémentaire. Je décide de les rejoindre, car tout le monde le sait, l’union fait la force et avec plusieurs lampes, la maîtrise de la nuit est bien plus aisée.

  

Quelle n’est pas ma surprise quand, à l’approche de celui-ci, je me rends compte de la présence de Mickael Wolf, Nemeth Csaba, Iker Karrera et Miguel Erras !

Et quelques secondes plus tard, une main se pose sur mon épaule et me demande comment je vais. C’est Kilian en personne qui vient aux nouvelles.

  

  

La pluie nous a laissé dans les Contamines, mais un manteau blanc recouvre le sol et nous oblige à rester hyper concentré. Après avoir fendu la nuit de nos six lampes, nous arrivons au 50e kilomètre et au ravitaillement des Chapieux (50,4 km) où nous attendent une belle fête et l’organisation. Là, je retrouve ma petite équipe toute étonnée de me voir arriver avec ce team de folie et qui m’a fait la surprise d’être accompagnée de Christophe, mon entraîneur, et de mon ami David. Après un ravitaillement rapide, quelques conseils et un contrôle des sacs, ils me motivent tous pour que je m’accroche dans ces conditions froides et nocturnes.

  

La suite est incroyable ! Au sommet des arêtes du mont Favre (68,9 km), nous découvrons un levé de soleil fabuleux sur les arêtes de Peuterey.

 

Nous arrivons enfin en vue de Courmayeur. Par le passé, Courmayeur (77,70 km) a toujours été mon juge de paix, l’endroit où je me suis souvent demandé si je continuais ou pas. Mais cette année, je suis tellement concentré sur ma course que je m’arrête très peu de temps. J’ai vraiment de bonnes sensations et je veux rester dans le coup avec le groupe de tête. Pourtant, à la sortie du ravitaillement, je repars avec quelques minutes de retard, ce qui m’oblige à donner un effort régulier pour raccrocher. 

  

Mon deuxième juge de paix, le Grand Col Ferret (2537m, 764 m de D+), se dresse devant moi. Je repars du ravitaillement avec deux minutes de retard sur le groupe. J’ai toujours pensé que le Grand Col Ferret était le point de départ de la course lorsque le parcours est respecté. Durant cette ascension, je refais mon retard. La neige vient se joindre à la fête afin de nous rappeler qu’en montagne, tout est possible, y compris vivre les quatre saisons dans la même journée !

  

La redescente sur La Peule puis sur La Fouly (109,60 km) en passant par la modification de Ferrey (en raison d’un éboulement) se fait tranquillement. Avec Miguel Heras Hernandez, nous rentrons dans La Fouly avec deux petites minutes de retard sur Kilian Jornet et Iker Karrera , un retard que nous allons presque combler au ravitaillement.

 

La partie magnifique nous amenant à Champex (123,70 km) nous permet de refaire la jonction. L’arrivée au ravitaillement de Champex est incroyable…Il y a tellement de monde ! Et Léon, à l’origine de la Petite Trotte à Léon (PTL) et roi des tartes aux myrtilles est là ! C’est à cet instant que Michel Poletti, l’organisateur, nous apprend le changement de parcours en raison de la tempête de la nuit et des dégâts occasionnés et, par dessus tout, le kilométrage supplémentaire ainsi que le dénivelé.

  

Sur cette ascension, je prends le temps de franchir les étapes une par une. Je me retrouve seul au sommet, à 4 mn derrière le duo et devant Miguel pour quelques minutes. 

C’est une foule que je n’aurais jamais pensée possible qui nous accueille sur les derniers mètres d’ascension.  

 

Une ferveur et un engouement prodigieux! Je me dis alors que la reconnaissance de notre activité est en bonne voie…

 

Catogne, dernière bosse (149,90 km ). Au somment, je prends le temps d’admirer la vue avant de descendre sur Vallorcine, Chamonix et le bonheur…

Je profite du moment, de la clameur et de la ferveur que seule une épreuve comme celle-ci peut fournir à un coureur, qu’il soit devant, au milieu ou derrière…
Les spectateurs me touchent, je tape dans des centaines de mains. La foule hurle sa joie d’être là et de me voir ici et maintenant. J’en profite, je prends toutes les émotions.

 

Voici la dernière ligne droite. Face à moi, une foule de journalistes, cameramen et amis m’attendent tout au bout. Je fais quelques slaloms pour toucher un maximum de personnes – certains attendent ici depuis des heures – et passe enfin cette ligne tant attendue sous les crépitements des appareils photos… 
Je retrouve et prends dans mes bras Isabel, ma femme, et Ethan, mon petit garçon de 3 ans et demi ; Willow, qui n’a que quelques mois, ne peut être là. Il y a beaucoup trop de bruit. Ethan est très intimidé et ose à peine venir me voir. Je les serre dans mes bras et me retourne pour saluer le public. 
Je glisse quelques petits mots au micro de mon ami Ludo et pars vers le contrôle antidopage. Je reviendrai sur la ligne quelques heures plus tard pour accueillir Lizzy qui, avec sa quatrième victoire, est entrée dans l’histoire de l’UTMB….

   

   

The North Face Ultra Trail du Mont-Blanc 2011: 3ème Sébastien Chaigneau, 20h55"41

 

  Retrouver les photos de l'UTMB ici