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The North Face Lavaredo Ultra Trail

 

    

The North Face Lavaredo Ultra Trail, 90km 5300m D+

 

23h20, nous voici sur l’aire de départ, il fait 9°C. Mauricio Scillia, co-organisateur de l’épreuve, vient me voir et nous prévient qu’au sommet, il y a beaucoup de vent et qu’il fait 0°C sous abri. Je décide de prendre mes gants. Une option judicieuse : je ne les quitterai qu’au kilomètre 65 après une nuit dans le vent et le froid.

   

Le départ est donné au douzième coup de minuit, au son de la cloche de l’église d’Auronzo. Cinq cent vingt coureurs s’élancent… Avec Zigor, nous partons tranquillement sur les 5 km d’une « voie blanche », comme ils disent ici, c’est-à-dire une piste cyclable en terre blanche. A la suite de ce départ à 4 mn-4mn15s au kilomètre, nous attaquons une route en forêt qui devient de plus en plus raide… Sur les quatre derniers kilomètres, j’estime qu’elle doit être aux environs de 15% ! Le Hongrois Nemeth Csaba nous a rejoint aux avant-postes et a commencé à imprimer un rythme relativement rapide. Je n’ai pas de mauvaises sensations, mais je préfère temporiser. Nous laissons Nemeth prendre le large. J’ai, à cet instant, une impression de déjà-vu. Quelques mois auparavant, sur une autre course, le Hongrois était ainsi parti seul avant que nous ne le rejoignions après 80 km de course… On prend les mêmes et on recommence ! Mais depuis, je me suis entraîné et sens que je suis bien mieux. Je décide de respecter ma stratégie en restant dans une zone cardiaque qui me permet de ne pas être « limite » et de maintenir mon allure relativement longtemps.

  

Après 1 600 mètres d’ascension, je me retrouve à une vingtaine de secondes derrière Nemeth. Je précède un Italien, venu se joindre à la fête, et  Zigor d’une ou deux minutes. Voici le premier ravitaillement après 18,5 km. Je ne m’arrête pas, il fait très froid et j’ai prévu de faire ma première halte au 31e kilomètre.

 

« It’s OK, no problem ? »

 

A la bascule du col, les membres de l’organisation ont mis en place deux très gros projecteurs qui éclairent les Tre Cime et leurs faces abruptes. Incroyablement imposantes en plein jour, elles le sont d’autant plus dans de telles conditions ! Dans la descente, je prends le temps de me retourner pour apercevoir cette ribambelle de lucioles qui nous suivent dans la nuit profonde et froide.


Je sens que je négocie parfaitement cette descente et distance Nemeth. Toutefois, je sais que mon ami Zigor est très costaud dans ce secteur : il m’a déjà rejoint en descente puis dépassé dans de telles circonstances en début d’année.
La descente est terminée. Dans la nuit noire, j’attaque la montée en forêt et rejoins le poste de ravitaillement du 31e kilomètre. Je suis un peu en avance sur mon planning, mais je me sens bien. Je repars en direction des lacs, notamment le lac de Mizurina, que nous longeons pendant quelques kilomètres. Un endroit grandiose.
Retour dans les bois. Les organisateurs sont à l’affût et me demandent régulièrement : « It’s OK, no problem ? ». Ils ont fait un très bon et très beau travail. 

  

Me voilà au 45e kilomètre après 4h10 de course. Je surprends un peu tout le monde, car les organisateurs avaient estimé le passage des premiers après 4h30 du matin et 5h d’effort.  J’attrape une soupe tiède qui me réchauffe et repars sur un tracé qui se durcit avec des parties plus montagneuses.

  

« Je passe du mode nuit au mode jour »

 

Le parcours est alors constitué d’une série de petites relances recouvertes de petits cailloux très roulants sous les pieds, puis d’une très longue traversée. Je me réveille petit à petit après un passage au cours duquel mon lit m’a quelque peu manqué. Les départs à minuit sont toujours délicats à gérer, car il faut s’imposer un dernier repas 6h avant la course et réussir à dormir 3 ou 4 heures ensuite, avant de se réveiller et se diriger sur la ligne de départ.

 

J’arrive enfin au ravitaillement du 65e kilomètre. Je suis toujours seul en tête, mais je sais que ca peut revenir à tout moment. Si ça devait arriver, je n’aurais pourtant pas de regret, car je suis en train de tout donner. Mon équipe est toujours au top. La partie de voie blanche tant redoutée passe très vite, j’attaque la montée. Elle est difficile. J’adopte un rythme où j’alterne course et marche. Dans ce type de passage, il faut être lucide et savoir marcher. Souvent, on va alors plus vite que si on tente de continuer à courir. Au sommet, je me retrouve dans un paysage verdoyant avec des percées dans les bois qui m’annoncent l’arrivée du dernier ravitaillement situé à onze kilomètres de l’arrivée.

 

Les sensations lorsque l’on arrive ainsi en tête de course sont incroyables. Le plaisir est intense avec les clameurs…. Et il est encore plus fort lorsque vous surprenez les organisateurs qui avaient prévu un temps de course entre 10 et 11 h et que vous battez le record de l’épreuve. Le plus surpris restera Christophe, mon entraîneur, qui, vu mon programme d’entraînement ces dernières semaines, avec 240 kilomètres et 15 000m+  accumulés les dix jours précédant la course, m’avait prédit quelques difficultés sur le dernier tiers de la course.

 

J’avoue avoir passé un super moment et pris du plaisir de bout en bout. Un plaisir d’autant plus intense lorsque l’on peut ainsi le partager avec tout un team. Des accompagnants présents tout au long de la course sur les points de ravitaillement et à l’arrivée. C’est ce que je retiendrai de cette course forte en émotions et vibrations. Et lorsque Mauricio Scillia me demanda quelle avait été ma motivation, j’eu une pensée pour ma petite fille née trois semaines plus tôt, ma famille, et Werner, un ami qui nous a quitté lors de mon déplacement en Australie en mai dernier. Je le prends avec moi à chacun de mes voyages et dans toutes mes courses.

 

Zigor termine en seconde position en 10h05, suivi de Marco Gazzola en 10h30 et Nemeth Csaba en 10h37. Chez les filles, Fernanda Marciel, notre Brésilienne chez The North Face, remporte la course en 12h45, devant Alexandra Carlini et Giovanna Cavalli toutes deux italiennes.

  

A très bientôt pour de nouvelles aventures… En attendant, faites-vous plaisir….

   

Résultat Lavaredo: Sébastien Chaigneau: 1er en 9h29

 

photos Lavaredo ultra trail ici   

 










Tracé Garmin de la Lavaredo Ultra Trail