Mon prochain ultra-trail

Jours Heures Minutes Secondes
Voir les détails de la course
Français English Spanish
  • TOUTES MES COURSES
  • COURSES 2014
  • COURSES 2013
  • COURSES 2012
  • COURSES 2011
  • COURSES 2010
  • COURSES 2009

Voyage au bout de soit même

 

Ce voyage aux Canaries est pour moi très important. En effet, c'est un rayon de soleil dans cet hiver qui n'en est pas vraiment un.
C'est surtout pour moi, le moment de tester beaucoup de choses, comme la réparation de mon pied après cette double fracture du talus la saison passée, le travail hivernal et la pertinence des différentes nouvelles actions effectuées pendant la saison de coupure et c'est surtout l'occasion de tester quelques modifications sur mes méthodes d’entraînement.

On peut toujours rechercher des moyens de modifier et de faire évoluer les séances d’entraînement pour les rendre plus ludiques ou comme je dis, pour surprendre le muscle. Le contenu et je pense, l'objectif restent les mêmes, ensuite on peut aussi faire évoluer et modifier les choses pour carrément changer et explorer de nouvelles pistes. Vous me direz, pourquoi changer quoi que ce soit dans une formulation qui fonctionne ? Dans le but de faire avancer les choses, de rester leader ou dans le groupe de leaders et pourquoi pas avoir de nouvelles sensations...
Découvrir des muscles et des contrées encore inexplorées est à mon avis, l'un des aspects les plus importants, c'est la recherche permanente des frontières, des limites et le développement des capacités.

Mais revenons à nos moutons et à ce road-trip aux Canaries qui débute par un voyage relativement court pour aller au soleil lors de mon premier jour sur place. Après une bonne nuit d'hôtel et un footing dans les alentours d'une petite heure, je retrouve l'équipe sur place. En fait ce déplacement est pour moi l'occasion de m'acclimater, durant les quelques jours avant la course, à la chaleur et au climat de l'île. Il n'y a que peu de décalage horaire, une petite heure, et la chaleur est plus problématique dans le cas présent. Tous les ans, la fin du parcours est chaude et humide et me pose pas mal de soucis. J'ai pris l'habitude de les gérer mais cette année il y a un facteur supplémentaire qui est le niveau ultra relevé de la course. Pour résumer la chose, il y a potentiellement une bonne vingtaine de coureurs susceptibles de gagner ou d'être podiumable.
J'ai tout d'abord quelques jours de shooting photo et je pense que cela va m'aider pour finaliser cette première préparation.

Suite à un petit déjeuner rapide et un petit briefing de début de journée, nous prenons la route pour reconnaître les spots à photo possibles pour la prochaine saison d'overstims. Ils ont choisi pour photographe de cette saison, Jordi Saragossa, jeune photographe espagnol, AH ! Non désolé catalan, il y tient, et c'est ma première session avec lui. Il a déjà fait des images où je suis dessus, comme lors de l'UTMB 2011, mais nous n'avons jamais eu l'occasion de travailler ensemble.
C'est toujours très délicat de travailler avec un nouveau photographe car il faut réussir à bien cerner et bien capter ce qu'il souhaite. L'instant, le moment où il va déclencher et ce n'est pas toujours facile.
Je le sens plutôt bien car c'est un gars très souriant, avec un côté joueur dans le regard que j'aime bien. Cela devrait être intéressant. Nous prenons la route avec l'objectif initial de reconnaître les spots de photos potentiellement intéressants, mais cet objectif se transforme vite, car d'expérience, je sais que quitte à se déplacer, si les conditions sont bonnes il faut en profiter car on ne sait pas de quoi sera fait le lendemain. J'ai déjà vécu ce cas de figure et le voyage devient alors très frustrant.

Mais revenons à nos moutons, dès le premier jour et les premières images, le courant passe entre nous. Je sais ce qu'il souhaite, j'ai, toutes ces dernières années, pris l'habitude de ces séances et je réussis à mieux comprendre ce que ressent le photographe.
Après plusieurs spots que je connais sur l'île et beaucoup de trajets en voiture, je décide, compte tenu de la proximité, de les conduire à Pico de las Nieves qui est le sommet le plus haut de l'île soit 1949m. C'est sans grande surprise que nous nous retrouvons bloqués en voiture à plusieurs kilomètres du sommet. Pour quelle raison ? pour la simple et bonne raison que c'est samedi et que les canariens sont dingues de Pico Nieves, qu'il fait très beau et surtout qu'il est tombé de la neige quelques jours avant notre arrivée, c'est plutôt rare sur cette île malgré le nom porté par le sommet. Quelques jours avant notre arrivée c'est près de 20 cm de neige lourde de printemps qui est tombé et qui a cassé une bonne partie des pins de la forêt environnante du sommet. Les canariens n'ont pas l'habitude et les quelques tâches de neige restantes sont l'occasion pour petits et grands de réaliser bataille et bonhomme de neige. Cette attitude est amusante à voir et la fermeture de la route n'empêche pas les gens de monter à pied et de s'arrêter pour toucher la neige et faire des photos. C'est très impressionnant car leur réaction est aussi touchante que peut l'être celle d'un enfant le matin de Noël ou l'annonce d'une demande en mariage. Bon, peut être pas toutes... Nous poursuivons nos recherches de beaux spots et pour ce dernier nous décidons d'y revenir en début de semaine, quand tous les gens seront au travail.
C'est beaucoup de route et de marche d'approche mais le soleil est là et c'est le principal pour ce qui nous concerne.
Je sais aussi que la course approche à grand pas et que je vais devoir faire très attention à l'hydratation avant, pendant et après la course. Mais pour le moment, les journées de photos s’enchaînent et les sensations ne sont pas mauvaises. C'est très important de ressentir de bonnes sensations lorsque l'on met le corps au repos, de sentir et ressentir que la force et la puissance vont en augmentant tout au long.

Après ce petit arrêt relatif d’entraînement, et cette récupération bien méritée, c'est la deuxième phase de la préparation que je vais attaquer, avec une remise en route quelques jours avant l'épreuve. C'est aussi à cette période que l'on fait un maximum de relationnel avec les journalistes, les médias en général mais surtout avec les autres coureurs.
C'est aussi le bon moment de jauger et juger les forces en présence afin de savoir qui est prêt pour la course.
C'est à cette période que je fais les plus grosses nuits et accumule un maximum de repos avant une nuit et une journée de course épuisante. A ce moment de la préparation, les siestes sont de mise et la moindre petite chose peut ensuite avoir son importance. Prenons un exemple, dans ces derniers jours la nourriture va être un facteur clef, pour la recharge glucidique mais aussi le retrait dans l'alimentation des végétaux et salades dont les fibres irriteraient l'intestin pendant la course, causant des déchets et autres désagréments gastriques. C'est réellement un moment clef.

Nous voilà au moment tant attendu ou pas. Pour ma part les bonnes sensations ne sont la que lorsque le coup de pistolet est donné, avant cela comme pour beaucoup de coureurs j'ai la boule à l'estomac. Cette année je ressens tout de même une grosse différence par rapport aux autres années. En effet, je suis plus sérieux car j'ai vraiment poussé mon entraînement au bout et fais de très bonnes séances. Attention, ne pas avoir de regrets est important, mais il ne faut pas que ce soit non plus avec du surentraînement, et je pense qu'il m'est arrivé de ne pas en être très loin.
Les conditions météo plus favorables ainsi que l'arrivée de mon training partner font que la qualité de mes séances et de ma préparation s'en est ressenti. Maintenant je dois voir mon état dans les faits, car je peux avoir de bonnes et nouvelles sensations mais il y a trois mois en arrière j'avais une double fracture du talus, anciennement appelé Astragale, et certains médecins ne me voyaient pas recourir avant plusieurs mois, sans compter ceux qui me proposent de visser le morceau et de stopper ma carrière ainsi que la course à pied.
Après ce petit effort de mémoire et le gros effort sur les trois derniers mois, c'est sur la ligne de départ que je me trouve et à l'assaut de ces 125 km et plus de 8 000 mètres de dénivelé positif annoncés.

C'est parti sous les cris de la foule et les encouragements du public. Durant les premières centaines de mètres, nous sommes encouragés et adulés par la foule du bord de route et les encouragements fusent dans tous les sens, je ressens une ferveur populaire incroyable et au fil de mes séjours sur place, je sens que les canariens me portent de plus en plus.
C'est sous les hourras de la foule que nous perçons et pénétrons dans une nuit noire et profonde. C'est aussi accueilli par un brouillard et un petit crachin breton que la montagne nous accueille et nous englobe.
Après les premiers kilomètres, c'est un long filet de lampes frontales qui s'étire et monte à l'assaut du premier sommet 1300 mètres plus haut au dessus de la mer. Les coureurs de tête vont vite mais après quelques dizaines de minutes, un rythme est installé et tout le monde a trouvé sa place.
Ce type de départ est toujours très délicat, car il ne faut surtout pas partir trop vite, sachant ce qui nous attend ensuite, il ne faut cependant pas trop laisser filer, car compte tenu du haut niveau des coureurs présents on peut ne pas pouvoir revenir par la suite. Tout dépend d'un judicieux dosage relatif aux sensations du jour...
Les premiers ravitaillements sont importants, mais beaucoup les zappent pour gagner du temps, c'est à mes yeux la première erreur que l'on peut faire car les arrêts au stand sont importants. A chacun d'entre eux je prends quatre à six verres d'eau plate et autres et je refais le plein de ma gourde à main. Je sais que par la suite il va faire chaud et donc je pars sur une consommation de 600 ml d'eau et de boisson isotonique par heure.
Dés le départ, nous sommes saisis par le froid et l'humidité ambiante, mais malgré tout j'arrive à boire mes produits énergétiques régulièrement et même à manger du solide, preuve que je ne suis pas dans le dur et que le rythme me convient plutôt pas mal. Nous prenons le second ravitaillement et je me retourne suite à cette première montée et descente technique, je vois que nous sommes encore beaucoup les uns derrières les autres. C'est à ce moment que je me rends compte de la densité de coureurs forts mais je ne me laisse pas plus impressionné car je sais que la route est longue et très difficile et que c'est seulement sur la fin que les choses se calment un peu.
Dans la montée suivante je garde mon rythme, et en trottinant je me rapproche des lampes parties devant suite au replat et à la descente. J'aborde le relief et reviens tranquillement à mon rythme. Je sais que devant il y a du lourd et que je dois faire ma propre course. Si je cherche à aller devant, je risque de me griller les ailes, et ce serait tout l'inverse de pourquoi je suis venu.
Me voilà sur un petit morceau très raide où je cours toujours et je rejoins un petit groupe de trois coureurs au détour d'un replat et d'une petite relance roulante.
Au premier ravitaillement le pointage me donne aux alentours de la 15ème place, mais nous étions une bonne trentaine de coureurs dans la même minute.
Je suis bien avec le petit groupe et derrière les lampes se sont un peu éloignées et estompées dans la nuit noire, cotonneuse due au brouillard ambiant. De temps à autre, une petite pluie fine vient nous rappeler que nous sommes en montagne et la fraîcheur de la nuit est là pour nous satisfaire. J'aime ce type d'ambiance.

Juste sur la fin de cette deuxième partie, et peu de temps avant d'arriver au premier gros ravitaillement, je rejoins la tête de course et les accompagnants. Jusqu'à ce premier point crucial de la course nous avons déjà parcouru près de 34 km et réalisé 3200 mètres de dénivelé positif. A ce moment là, nous sommes quatre plus ou moins à distance les uns des autres, avec Yeray Duran le coureur de l'île et champion des Canaries, Julien Chorier et Timothy Olson, l'américain. Suite au ravitaillement rapide et bien préparé, nous continuons notre petit bonhomme de chemin et restons à quelques centaines de mètres les uns des autres. Ryan Sandes n'est pas loin non plus, il n'aime pas le froid de la nuit et attend avec impatience le jour, le beau temps et surtout la chaleur. Il est sud-africain et la chaleur il connaît, son corps est habitué.
Après un ravitaillement éclair qui pour moi est une nouveauté, je repars vers la suite du parcours, avec Yeray, Julien et à quelques encablures de Timothy et Arnaud Julia, dernier vainqueur de la TDS. Nous sommes dans un très bon rythme et nous ne perdons que peu de temps, mais nous sommes tout de même plus lent que les prévisions des organisateurs. Ces prévisions se basaient sur mon temps de l'an dernier où j'avais eu un temps global de 14h05 mais avec la modification apportée et la technicité du terrain, finir cette épreuve en moins de 15h00 serait déjà pas mal. La suite me donne raison et je pense que pour les prochaines années si le parcours est conservé comme tel il y aura des chronos proches de 14h en perspective.
Revenons à nos moutons. Je passe, toujours accompagné de Yeray, les étapes, les unes les autres et nous nous dirigeons vers le jour et le sud de l'île, à grand pas. Nous sortons des brumes de la nuit au niveau de Cruz de Tejeda, et c'est un spectacle complètement fou qui s'offre à nous, au moment de basculer vers Tejeda en contre-bas. Nous sommes tous les deux avec Yeray mais nous savons que derrière nous, trois coureurs sont à quelques minutes et progressent aussi vite que nous.
Il nous faut gérer ce peu d'avance tout en continuant à avancer à ce rythme que nous imprimons depuis le début. Nous sommes en cours de ravitaillement à Tejeda quand déboule à fond la caisse et je pèse mes mots, Timothy. Il a fait un effort important sur la descente pour recoller et pour mettre la pression. Il repart avec nous et sur le petit morceau de route suivante, je sais qu'il est fort et que c'est son domaine. Je ne me démonte pas et m'accroche au rythme imposé par Timothy et Yeray qui s'accroche coûte que coûte. Lors de la petite montée technique suivante, je recolle sans effort et je me rends très vite compte que mon travail hivernal paye. Je repasse devant pour donner le rythme au petit groupe et rapidement je me retrouve à nouveau seul à l'avant, je décide de prendre mon rythme et de voir où tout cela va nous mener.
Je termine cette montée et vais pointer au sommet de Roque Nublo, c'est un petit aller-retour caractéristique de la course, je croise Timothy avec lequel nous nous tapons dans la main, puis Yeray et enfin Ryan qui depuis le début reste au contact et commence à mieux se sentir avec la chaleur naissante. Une petite descente, une remontée et nous voilà arrivé à Garanon, point très important de la course.
C'est le lieu de départ du 42 km et ils sont, à quelques secondes près, sur le point de partir lorsque nous arrivons. C'est la méga acclamation par les coureurs c'est vraiment super sympa. Ils retardent finalement les départs pour nous laisser passer et lâchent la meute après être reparti du pointage du ravitaillement et du point de contrôle des sacs.

A partir de ce moment là c'est un combat de rue qui s'engage avec la montée au sommet de Pico de las Nieves et de la descente nous menant à San Bartholomé au 97ème kilomètre. Nous sommes rejoins puis doublés par les coureurs du 42 kilomètres, et Timothy s'accroche, revient et passe devant. Je fais la même chose et nous jouons au chat et à la souris pendant les kilomètres techniques qui suivent. Yeray est resté au ravitaillement plus longtemps, la fatigue l'a rejoint et rattrapé et il lui fallait un peu plus de temps avant de repartir. Je commence à souffrir un peu de partout, de la chaleur et surtout des cuisses qui continuent à bien avancer malgré tout, nous entrons dans San Bartholomé avec quelques mètres d'écart, il fait un ravitaillement hyper rapide, je m'arrête un peu plus longtemps pour boire et refaire le plein. Je sais ce qui m'attend et je dois absolument passer cette dernière montée, la partie vallonnée de cette descente technique vers Artéara, dernier ravitaillement avant les 15 derniers kilomètres sous la chaleur me menant vers l’arrivée.

Je m'engage sur la dernière montée et au pied de celle ci je suis rejoins par Ryan qui avance à petit rythme, il me demande comment je vais et continue à son petit train. Je n'ai plus la capacité de m'accrocher mais ils sont tous les deux juste au dessus de moi. Ryan revient très vite sur Timothy et sur la partie roulante du dessus je les vois s'éloigner. Je continue à m'accrocher car rien n'est fait, un coup de moins bien peut toujours arriver. Mais la chaleur devient dure pour moi et sans arbre et sans vent, il fait vite une trentaine de degrés. La pente est longue et c'est une succession de montées et petites descentes pour arriver vers la descente d'Arteara. Je ne suis pas trop cuit car j'arrive encore à faire des kilomètres à 5'/5'30 et je reprends quelques coureurs du 42 kilomètres partis un peu vite. Nous voilà à l'amorce de cette descente technique et je suis dans un état de fatigue avancé, mais normal, il y a plus de 12h que je cours. J'entame cette descente et je commence très vite à avoir des petits soucis de vision.
En fait je sens que je dois me concentrer pour poser le pied au bon endroit, je peine et au fur et à mesure je vois cette vision tellement importante qui devient de plus en plus floue.
Je sais que de tout côté mon corps me lâche, la jambe droite est molle et me fait chuter, je me relève et tout tourne autour de moi. J'ai envie de vomir et le moindre pas et mouvement devient un chemin de croix. J'étais encore bien il y a quelques centaines de mètres et là j'ai l'impression d'avoir fait 200 kilomètres dans le désert sans eau... Je vois et commence à voir des formes inexistantes, et le flux de coureurs me rejoignant me montre bien que je n'avance plus, je m'arrête de plus en plus souvent et dans la deuxième partie je suis rejoins par Julien et Yeray. Tout tourne autour de moi et j'ai du mal à rester debout et éveillé, j'ai envie de dormir, de vomir, et de m'arrêter là où je suis. Ca n'est pas le moment, je dois aller au ravitaillement même si c'est pour arrêter.
Chaque pas est un calvaire et il me reste quelques centaines de mètres, mais je n'y arrive plus, plus un pas, plus un mouvement ne veut sortir de ce corps et malgré les encouragements de coureurs et de mon cerveau qui me forcent à continuer d'avancer, je n'arrive plus à faire de mouvements. Il y a la croix rouge en contrebas, mais c'est loin, une bonne trentaine de mètres me séparent d'eux. Ce n'est pas possible d'en arriver là aussi vite et surtout d'être aussi rapidement dans cet état de fatigue. Je me relève, je tente de relancer la marche, mais rien, plus rien. Deux coureurs m'aident à marcher, je ne fais que trébucher et tomber et trois hommes de la croix rouge montent à ma rencontre et me supportent jusqu'au véhicule de secours. Je dois m'arrêter à 200 mètres du ravitaillement, je ne suis plus conscient et je perds le fil de la course, à peine posé. Je veux dormir là où je suis et ils m'empêchent de fermer les yeux en m'obligeant à donner certaines réponses ou à les regarder dans les yeux.
Le médecin sur place vérifie glycémie et autres facteurs, pas de souci, il conclut à une grosse déshydratation. Ils contactent l'ambulance, et expliquent que je dois être hospitalisé très vite car c'est une urgence.
Ma respiration est devenue très courte et il me demande de ventiler et inspirer par le nez mais je n'y arrive plus. Mon diaphragme est totalement contracturé au point de ne plus pouvoir respirer, je suis mis tout de suite sous oxygène, je dois être mis sous perfusion rapidement car ce sont mes reins qui risquent alors de faiblir et cela peut devenir problématique pour ma vie future. Je bois régulièrement mais à chaque gorgée je suis essoufflé et je manque de m’étouffer.
A mon arrivée aux urgences je suis immédiatement mis sous surveillance et sous perfusion et ceci durant les 8 heures suivantes, les poches d'eau m'ont réinjecté 0,9% de NACL avec 8 à 10 poches facile.
Je vous passe les détails administratifs, malgré l'efficacité locale, je ressort finalement à 23h00 des urgences après avoir signé une décharge. Ils souhaitaient me garder, car les différentes analyses de sang ont montré une augmentation des enzymes lâchés par les cellules lors de la casse de fibres musculaires. Normal vu que j'avais fait 112 kilomètres dans la matinée et plus de 12h de course.
Je pense qu'à l'avenir, je devrais faire une préparation spécifique à la chaleur que ce soit sur le plan physique ou nutritionnel. C'est une évidence dont j'avais peu tenu compte cette année et qui me montre bien que j'ai encore beaucoup à apprendre sur mon organisme. C'est ce que je trouve le plus intéressant. Je n'ai qu'un regret, c'est de ne pas avoir fini, mais j'ai fait une course pleine, je suis allé au combat et je n'ai pas de regret ou si peu.
Le lendemain j'ai repris l'avion avec Isa et l'équipe Mouss production pour retour sous des cieux plus froids et enneigés. Retour à la maison et surtout nous retrouvons les enfants.

Encore une belle aventure qui se termine bien même si ça aurait pu être mieux, mais c'est déjà pas mal...et cela me laisse d’autres perspectives pour la suite, non ?

Photographies de la transgrancanaria 2014

Jordi Saragossa Ian Corless MAJ Photography Ian Corless Jordi Saragossa